JOURNEE INTERNATIONALE DE L’HEPATITE

La journée mondiale, voulue par l’OMS, est destinée à faire connaître les différentes formes d’hépatite au grand public.
La date du 28 juillet a été retenue car elle correspond à celle de la naissance du lauréat du Prix Nobel, le Dr Baruch Blumberg, qui a découvert le virus de l’hépatite B et mis au point un test et un vaccin contre ce virus.

  • L’hépatite : qu’est-ce que c’est?

L’hépatite est une inflammation du foie, le plus souvent causée par une infection à un virus, mais parfois par l’alcoolisme, ou par une intoxication par un médicament ou par un produit chimique.es symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre et dépendent de la cause de l’hépatite. Certains types d’hépatite provoquent carrément la destruction d’une partie du foie.La majorité des hépatites se résorbent spontanément, sans laisser de séquelles. Parfois, la maladie persiste plusieurs mois. Quand elle dure plus de 6 mois, elle est considérée comme chronique.

Lorsque le foie est gravement atteint, une greffe de cet organe peut être la seule solution.

  • Le rôle du foie
    Souvent comparé à une usine chimique, le foie est l’un des plus gros organes internes. Chez l’adulte, il pèse de 1 kg à 1,5 kg. Il est situé tout juste sous la cage thoracique, du côté droit du corps. Le foie transforme et stocke (en partie) les substances nutritives en provenance des intestins. Ces substances peuvent alors être utilisées par le corps lorsqu’il en a besoin. Le foie contribue aussi à maintenir la glycémie stable.

        Les substances toxiques (présentes dans l’alcool, dans certaines drogues, dans certains médicaments, etc.) qui sont ingérées                    traversent aussi le foie. Pour empêcher qu’elles soient nocives, le foie les décompose et les rejette ensuite dans l’intestin par la bile,          ou il les retourne dans le sang afin qu’elles soient filtrées par les reins et éliminées par l’urine.

Une hépatite non diagnostiquée à temps ou mal soignée est susceptible de mener à des complications très graves.

  • Hépatite chronique. C’est la complication la plus fréquente. Une hépatite est dite chronique si elle n’est pas guérie après 6 mois. Dans 75 % des cas, elle est la conséquence d’une hépatite B ou C. Une hépatite chronique traitée adéquatement se guérit habituellement en un an à 3 ans.
  • Cirrhose. La cirrhose correspond à une production excessive de « cicatrices » dans le foie, formées à la suite d’agressions répétées (par des toxines, par des virus, etc.). Ces « barrières fibreuses » finissent par entraver la libre circulation du sang dans l’organe. De 20 % à 25 % des hépatites chroniques évoluent vers la cirrhose si le traitement n’agit pas pleinement ou s’il n’est pas bien suivi.
  • Cancer du foie. Il s’agit de la complication ultime d’une cirrhose. Précisons cependant qu’un cancer du foie peut aussi résulter d’un cancer localisé dans un autre organe qui s’étend au foie par des métastases. Les hépatites B et C, ainsi que l’hépatite toxique causée par une consommation excessive d’alcool sont les plus susceptibles d’évoluer vers un cancer.
  • Hépatite fulminante. Très rare, l’hépatite fulminante se caractérise par une insuffisance majeure du foie, qui ne peut plus remplir ses fonctions. Une destruction massive des tissus du foie se produit et une transplantation d’organe est nécessaire. Elle survient surtout chez des personnes atteintes d’hépatite B ou d’hépatite toxique. Pour environ 1 personne sur 4, elle est mortelle à brève échéance.

Les hépatites se regroupent en 2 grandes catégories :

  • les hépatites virales, causées par une infection à un virus. Dans les pays développés, les virus de l’hépatite A, B et C engendrent environ 90 % des cas d’hépatite aiguë. Les virus de l’hépatite D, E et G sont aussi responsables d’hépatites.
  • les hépatites non virales, principalement provoquées par l’ingestion de produits toxiques pour le foie (de l’alcool, des produits chimiques toxiques, etc.). Les hépatites non virales peuvent aussi être le résultat de maladies atteignant le foie, comme la stéatose hépatique (« foie gras ») et l’hépatite auto-immune (une hépatite inflammatoire chronique d’origine obscure, qui se caractérise par la production d’auto-anticorps).

 

  • Hépatites virales : combien de virus sont en cause ?

À ce jour, cinq virus provoquant une infection et une inflammation du foie ont été identifiés. Ces virus, responsables d’hépatites virales sont désignés par les lettres A, B, C, D, E et G. Ils diffèrent par leur mode de transmission et leur agressivité. Les plus courants sont les virus A, B et C.

L’hépatite A

C’est la seule hépatite qui n’est pas grave et qui guérit spontanément sans laisser de trace. Les symptômes passent souvent inaperçus, cependant, de rares hépatites A aiguës et graves sont observées. L’hépatite virale An’évolue jamais vers une forme chronique.

L’ hépatite A est immunisante : lorsqu’on a eu une fois l’hépatite A, on ne peut pas la contracter à nouveau.

Le virus de l’hépatite A est présent dans le sang et les selles des personnes infectées. L’hépatite A se transmet très facilement, principalement par voie fécale et orale, c’est-à-dire en cas de mauvaise hygiène lorsque des aliments par exemple sont préparés par une personne atteinte de l’hépatite A qui ne s’est pas lavé les mains, ou par de l’eau contaminée. Ce type d’hépatite est fréquent dans les pays en voie de développement.

A noter que l’hépatite A peut aussi se transmettre par voie sexuelle, mais c’est plus rare.

Enfin, il existe un vaccin, classiquement proposé aux sujets à risques ou en cas de séjour dans un pays où la maladie est fréquente.

En France, l’hépatite A est depuis 2005 une maladie à déclaration obligatoire.

Depuis février 2017, plusieurs pays en Europe observent une augmentation importante du nombre de cas d’hépatite A, touchant en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qui représentent 2 355 (79 %) des 2 980 cas déclarés en 2017 en France.

Elle peut être reconnue comme maladie professionnelle: Une hépatite A contractée dans le cadre du travail peut être reconnue comme maladie professionnelle. En cas de doute, parlez-en à votre médecin traitant.

L’hépatite B

Tout comme l’hépatite C, l’hépatite B est dangereuse et peut être mortelle. Elle se transmet aujourd’hui essentiellement par voie sexuelle, lors de rapports non protégés, mais aussi par voie sanguine (injection intraveineuse, transfusion) ou de la mère à l’enfant lors de l’accouchement.

Le virus de l’hépatite B est présent partout dans le monde. En France, quelque 5 millions de personnes ont eu un contact avec le virus de l’hépatite B et environ 300.000 ont une hépatite B chronique. Chaque année, 30.000 à 60.000 nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 1.000 décès annuels sont imputables à une forme chronique d’hépatite B. Le virus de l’hépatite B est 100 fois plus contagieux que le VIH. Les sujets fragiles sont plus à risque de développer une hépatite chronique : personnes âgées, transfusées, immuno-déficientes, etc.. 

Il existe un vaccin permettant de s’immuniser contre le virus de l’hépatite B

L’hépatite B est une maladie à déclaration obligatoire. En 2015, une centaine de nouveaux cas d’hépatites B ont été déclarés (mais le taux de déclaration est faible). Les hépatites B aiguës surviennent en majorité chez des hommes (presque 3 hommes pour une femme). 80% des nouvelles infections par le VHB survenues et déclarées en France auraient pu être évitées par la vaccination.

Une hépatite B contractée dans le cadre du travail peut être reconnue en maladie professionnelle. En cas de doute, il est nécessaire d’en parler à son médecin traitant.

Parmi les symptômes les plus spécifiques de l’hépatite B évoluée, citons les douleurs articulaires et l’urticaire. Dans quelques cas, l’hépatite B évolue vers une forme aiguë, l’hépatite fulminante, potentiellement mortelle par atteinte totale du foie.

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L’hépatite C

L’hépatite C se transmet principalement par voie sanguine. Autrefois, les transfusions sanguines étaient responsables de 80% des cas d’hépatite C. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et le virus se transmet essentiellement par l’échange d’aiguilles lors de l’injection de drogues, ainsi qu’à l’occasion d’un tatouage ou d’un piercing réalisés dans de mauvaises conditions d’hygiène. La transmission est possible par voie sexuelle et de la mère à l’enfant lors de la naissance, mais ces cas sont rares.

Il n’existe pas de vaccin pour se prémunir de l’hépatite C.

Dans 30% des cas, les sujets infectés éliminent spontanément le virus. Sinon, 7 patients sur 10 développent la maladie. Comme pour l’hépatite B, le problème est qu’il existe de nombreux porteurs sains susceptibles de diffuser le virus sans le savoir.

L’évolution de la maladie est imprévisible. L’infection aiguë est souvent asymptomatique. Ensuite, la fonction hépatique peut s’améliorer ou s’aggraver pendant plusieurs mois, voire des années. 20% des sujets développent une cirrhose, maladie qui peut aboutir à un cancer du foie.

Une hépatite C contractée dans le cadre du travail peut être reconnue comme maladie professionnelle.

Votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre hépatite C chronique au titre d’une affection de longue durée. Les examens et les traitements en rapport avec la maladie sont pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance maladie.

Si les principales hépatites virales sont les hépatites A, B et C, il existe également d’autres formes plus rares, à savoir les hépatites D (ou delta) , E et G

L’inflammation des hépatites virales est donc due, par définition, à un virus : le VHD pour l’hépatite D, VHE pour l’hépatite E et VHG pour l’hépatite G. Voyons de plus près les causes de ces affections.

 

L’hépatite D, inséparable de l’hépatite B

L’infection par le virus de l’hépatite D (VHD) est rare en France (autour de 5 000 cas). Autrefois appelé hépatite delta, l’hépatite D est due à un co-virus, c’est-à-dire qu’il infecte l’organisme uniquement en association avec l’hépatite B. Une personne infectée par l’hépatite D est donc soit déjà porteuse du virus B (on parle de surinfection) soit simultanément infectée par le virus B et D (co-infection). 
Les principales causes de la contamination sont les transfusions sanguines, les seringues infectées et les rapports sexuels non protégés. A savoir, le VHD est évitable grâce à la vaccination contre l’hépatite B.

 

 

L’hépatite E, une affection souvent sans symptôme

Le VHE, virus de l’hépatite E a été identifié en 1990 et il n’existe actuellement pas de vaccin pour s’en protéger. Cependant, si l’infection due au virus de l’hépatite E est aiguë, elle guérit généralement spontanément sans laisser de séquelles (sauf chez la femme enceinte qui peut avoir une hépatite fulminante, détruisant alors massivement les cellules du foie). A savoir, le VHE se transmet essentiellement par voie orale et est souvent asymptomatique. Mais si l’hépatite E n’est pas limitée aux pays les plus pauvres du tiers-monde, les pays industrialisés restent peu touchés (0,1 à 1 % des hépatites aiguës selon l’Association Hépatites Info Service).

 

L’hépatite G, un virus récent et très répandu

Ce virus, qui a été découvert en 1995, se transmet essentiellement par voie sanguine. Les principales personnes touchées sont les patients transfusés et les utilisateurs de drogues injectables. Mais pour l’instant les informations au sujet de ce virus restent également maigres. On sait cependant que l’hépatite G peut-être aiguë ou chronique. Cependant elle n’attaque pas le foie et les malades n’ont généralement pas de symptôme.

 

 

source: www.e-sante.fr / ameli.fr/ doctissimo.fr/ Association Hépatites Info Service

 

 

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